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Cobalt et Balt : deux produits, et lequel vous faut-il
Cobalt est l’ATS-CRM où vos données sont écrites, Balt l’agent qui travaille dans Teams et Slack. Balt s’utilise sans Cobalt, et voici quand.
Cobalt est l’endroit où vos données de recrutement sont écrites, Balt est celui qui les fait travailler. Le premier est un ATS doublé d’un CRM, le second est un agent qui vit dans Teams et dans Slack, et la réponse courte à « faut-il les deux » est non.
Les deux produits sortent de la même maison, ce qui rend la question légitime et la réponse un peu suspecte. Autant donner tout de suite ce qui la rend vraie : Balt se connecte à l’ATS que vous avez déjà, et il a été construit ainsi pour une raison qui n’a rien de commercial. Un agent qui n’accepterait qu’un seul système d’enregistrement ne serait pas un produit, ce serait une fonctionnalité de ce système, vendue séparément.
Qu’est-ce que Cobalt, exactement ?
Cobalt est un ATS-CRM destiné aux ESN et aux cabinets de recrutement, autrement dit le système où sont écrits les faits de votre activité : les candidats, les clients, les besoins ouverts, les entretiens passés, les placements signés. C’est une base de données avec des vues, des filtres et un historique, et la plateforme revendique de remplacer la pile habituelle du secteur, celle où le CRM, le suivi de candidatures, l’outil de séquences et le tableur de staffing vivent chacun de leur côté.
Un ATS est un lieu. On s’y rend, on cherche, on met à jour, on ressort. Cette forme n’a rien de dépassé et elle restera nécessaire longtemps, parce qu’il faut bien un endroit où la vérité soit écrite une fois et retrouvable par tout le monde, y compris deux ans plus tard quand la personne qui a saisi la fiche est partie.
Cobalt publie aussi les chiffres de son marché, et son étude annuelle sur le recrutement en ESN donne l’ordre de grandeur qui explique pourquoi ce secteur s’équipe : un taux d’intercontrat moyen de 11,4 % pour une durée de 41 jours, et une adoption de l’IA dans le recrutement passée de 8 % en 2024 à 30 % en 2026. Ce sont les mêmes chiffres que ceux sur lesquels nous appuyons notre analyse de l’intercontrat comme problème de staffing plutôt que de sourcing.
Qu’est-ce que Balt, exactement ?
Balt est un agent qui travaille dans la messagerie de votre équipe et qui agit dans vos outils, au lieu de vous attendre dans une interface. On lui écrit dans Teams ou dans Slack comme on écrirait à un collègue, il va chercher ce dont il a besoin dans les systèmes connectés, et il rend un résultat fini plutôt qu’une suggestion à retravailler.
La différence de fond avec un logiciel n’est pas la conversation, qui n’est qu’une surface. Elle tient au sens du déplacement. Vous allez dans un ATS ; un agent vient à vous, dans le canal où l’équipe discute déjà, et il peut arriver sans qu’on l’ait sonné parce qu’une mission se termine dans trois semaines ou qu’une relance promise n’est jamais partie.
Le reste découle de là. Il retient vos préférences pour ne pas vous les redemander tous les lundis, ce qui pose immédiatement la question de ce qu’il doit oublier, et il enchaîne des outils dans un ordre qu’il choisit au lieu de suivre un scénario écrit d’avance.
Pourquoi deux produits, et pas une fonction de plus dans l’ATS ?
Parce que nous avons commencé par l’autre solution et qu’elle n’a pas tenu. La première version de ce qui est devenu Balt était un panneau dans l’interface de Cobalt, à droite de la fiche candidat, avec un champ de saisie et de bonnes intentions.
Elle fonctionnait techniquement et personne ne s’en servait, pour une raison que nous avons mis quelques semaines à accepter. Un business manager qui passe sa journée dans Teams n’ouvre pas l’ATS pour poser une question, il la pose à la personne assise à côté de lui, ou il ne la pose pas. Le panneau exigeait exactement le geste que le produit prétendait supprimer, celui d’aller quelque part, et il l’exigeait au pire moment, quand l’utilisateur avait déjà trouvé ce qu’il cherchait.
La leçon nous paraît généralisable au-delà de notre cas, et elle explique pourquoi tant d’assistants intégrés à des logiciels métier restent inutilisés malgré leur qualité. La valeur d’un agent ne vient pas de sa proximité avec les données, qui se règle par une connexion, mais de sa proximité avec la conversation où le travail se décide. C’est une observation que nous avons développée ailleurs, sous l’angle de ce que devient le logiciel quand l’interface cesse d’être le lieu du travail.
Peut-on utiliser Balt sans Cobalt ?
Oui, et c’est le cas de la majorité des équipes qui l’utilisent. Balt se branche sur l’ATS en place, sur la messagerie, sur l’agenda et sur les documents, et rien n’oblige ces données à transiter par un autre produit de la maison.
Cette indépendance n’est pas une concession faite à contrecœur, c’est ce qui rend l’agent utile. Une ESN de quarante consultants qui a passé trois ans à peupler son ATS ne va pas en changer parce qu’un éditeur a sorti un agent, et elle a raison : la migration d’un système d’enregistrement est un projet à part entière, avec sa reprise de données et ses six mois de scories. Exiger cette migration pour livrer un agent reviendrait à faire payer un déménagement pour installer une machine à café.
C’est aussi la raison pour laquelle nous prenons au sérieux la question des protocoles de connexion, au point d’y avoir consacré un article entier. Un agent qui ne sait parler qu’aux outils de son propre éditeur reproduit exactement le silo qu’il prétendait supprimer, et l’acheteur ne s’en aperçoit qu’au moment où il veut brancher le neuvième outil.
Qu’est-ce que les deux ensemble apportent ?
Les deux ensemble n’ajoutent pas une intégration de plus, ils retirent une recopie. C’est une nuance qui paraît mince sur un schéma d’architecture et qui se voit tous les jours à l’usage.
Quand l’ATS et l’agent sont conçus ensemble, le contexte d’un client, ses préférences, son historique de refus, ses délais habituels, est écrit à un seul endroit et lu tel quel. Quand ils ne le sont pas, ce contexte finit dupliqué : une partie dans les champs de l’ATS, une partie dans la mémoire de l’agent, une partie dans la tête du business manager. Chaque copie vieillit à sa vitesse et la divergence ne se signale jamais, ce qui est exactement le problème que nous décrivons à propos des entreprises qui font tourner douze agents isolés.
Le gain est donc réel et il est modeste, et je préfère le dire ainsi plutôt que d’en faire un argument de vente. Vous gagnez de la fraîcheur et vous perdez une source d’erreur silencieuse. Vous ne gagnez pas une capacité nouvelle, parce que l’agent branché sur un ATS tiers fait le même travail.
Par lequel faut-il commencer ?
Par celui qui répond à votre douleur dominante, et le test tient en une question : est-ce que vos données sont fiables ?
Si les informations vivent dans un tableur partagé, dans des boîtes mail personnelles et dans la mémoire de trois personnes, prenez d’abord le système d’enregistrement. Un agent posé sur des données douteuses ne se méfie pas comme un humain se méfierait d’une fiche datée de 2023 : il raisonne dessus et rend un résultat parfaitement crédible et faux, ce qui coûte plus cher que l’absence d’agent. Nous avons écrit un article entier sur cette séquence, parce que c’est la plus fréquente des erreurs d’ordre, et il explique pourquoi on nettoie ce que l’agent touche au moment où il le touche plutôt que toute la base d’abord.
Si votre ATS vous convient et que la perte de temps se situe autour de lui, dans les relances qui traînent, les comptes rendus qu’on ne saisit pas et les points du lundi qu’on prépare le dimanche, prenez l’agent. Il n’y a aucun ordre canonique entre les deux, et la question se tranche par l’endroit où votre équipe souffre.
Ce que ni l’un ni l’autre ne fait à votre place
Aucun des deux n’envoie un message à un candidat sans qu’une personne l’ait libéré. C’est une règle de conception, pas un réglage par défaut que l’on desserre au bout de trois mois, et elle s’applique à un refus de candidature comme à une relance anodine.
La raison est simple à énoncer et coûteuse à tenir : une action qui sort de l’entreprise engage votre marque auprès de quelqu’un qui n’a pas signé pour parler à une machine. Le gain se mesure alors en délai et en coût de rédaction, jamais en suppression du contrôle, et c’est la ligne que nous détaillons dans qui valide quoi quand une IA écrit à vos candidats.
Reste la question que tout le monde pose ensuite, et qui est la bonne : comment vérifier qu’un agent tient ce qu’il promet avant de signer ? Elle se traite avec vos propres dossiers plutôt qu’avec une démonstration, et le protocole tient en trente cas rejoués trois fois.
Questions fréquentes
Balt fonctionne-t-il sans Cobalt ?
Oui, et c’est une décision d’architecture plutôt qu’un geste commercial. Balt se connecte à l’ATS que vous utilisez déjà, lit vos outils bureautiques et agit dedans, sans qu’aucune donnée n’ait besoin de passer par Cobalt. Un agent qui exigerait un ATS précis ne serait pas un produit mais une option de cet ATS.
Cobalt et Balt sont-ils le même produit sous deux noms ?
Non. Cobalt est un ATS-CRM : une base, des fiches, des vues, un endroit où l’on se rend pour consulter et mettre à jour. Balt est un agent installé dans Teams ou Slack, qui reçoit une demande en langage naturel, orchestre les outils connectés et rend un livrable. L’un stocke et retrouve, l’autre exécute.
Par lequel commencer quand on n’a ni l’un ni l’autre ?
Par celui qui répond à votre douleur dominante. Si vos données sont éparpillées entre un tableur, une boîte mail et trois têtes, commencez par le système d’enregistrement, parce qu’un agent posé sur des données fausses produit des résultats crédibles et faux. Si votre ATS vous convient et que la perte de temps se situe autour de lui, commencez par l’agent.
Faut-il migrer son ATS pour utiliser un agent IA ?
Non, et se le faire dire devrait alerter. Un agent moderne se connecte par API ou par MCP aux outils en place, et la migration d’un ATS est un projet lourd qui n’a rien à voir avec le fait de déléguer du travail. Les deux décisions se prennent séparément, dans l’ordre qui vous arrange.
Sources
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